René Barrière et ses descendants québécois

(Un dossier sur la famille Barrière )
Par ROLAND BARRIÈRE

 

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Une autre histoire de la famille Barrière écrite vers 1860

J'ai pensé donner ici la fin de ce dossier, l'une des plus belles trouvailles faite au cours des randonnées où j'ai eu l'occasion de rencontrer un grand nombre de personnes, capables de me renseigner .

Un jour, au cours de mes recherches, une veuve dans le besoin m'a offert un cahier de notes au prix de vingt dollars que j'ai payé avec plaisir. J'ai lu et relu ce cahier de notes plusieurs fois, avec intérêt, cahier rempli de faits intéressants et amusants. Il s'y trouve un chapitre intitulé « Notes sur la famille Barrière » avec la mention entre parenthèses «(Récit bien imparfait»>. Je le transcris en entier, respectant son orthographe et sa ponctuation. On se rendra compte de l'exactitude de certaines révélations et de la présence de quelques erreurs. D'après les indications que l'on y rencontre, ces notes auraient été écrites vers 1860 par Abraham Barrière, arrière-petit-fils de René l'ancêtre, qui les a transcrites d'un cahier écrit et appartenant à son père nommé Abraham, lui aussi, petit-fils de René.

«Irénée (Barrière) arriva sur les bords du Richelieu vers l'an de notre Seigneur dix-sept cent cinquante ( 1750) où il plante sa tente sur la côte sud (couverte de forêt alors) aujourd'hui à douze arpents au sud du chemin de ligne qui conduit à la première concession, il était célibataire arrivant de la Normandie (France).

« Quelques années plus tard, il épousait une demoiselle Laporte. Il naquit de ce mariage plusieurs enfants, quatre garçons, deux laissèrent la paroisse pour faire fortune ailleurs, deux restèrent dans la place, plusieurs filles dont j'ai perdu les traces.

« Noms des garçons: Irénée, Joseph, Jacques et Louis (le bébé).

Irénée et Joseph, je n'ai jamais entendu parler de leur famille, si ce n'est que ces années dernières, mon frère Solyme me dit qu'il a rencontré des Barrière en arrière de St-Jean, PQ. Je crois que ce soit Irénée et Joseph qui aient été s'établir dans ces endroits et que ce soit de leurs descendants, qui soient là. Dans ce temps-là on était à une petite distance les uns des autres et on se trouvait très très éloigné par rapport à l'instruction et aux communications.

«Jacques se maria et s'établit au rang de la Savanne où il établit sa famille. Louis a eu le malheur de perdre son père avant qu'il eut l'âge de 8 ans. Sa mère restée veuve avec plusieurs filles et bien pauvre, le petit garçon dès l'âge de 8 ans fut obligé de s'engager pour soulager sa pauvre mère. Il eu beaucoup à souffrir durant les premières années par la dureté de ses maîtres et maîtresses et aussi beaucoup par le froid car il ne pouvait pas se vêtir convenablement vu la pauvreté. Aussitôt qu'il avait des sous, il les portait à sa pauvre mère. Aussitôt qu'il eu quatorze ans, il s'engagea pour une compagnie qui faisait des chantiers de billots, l'hiver. Le printemps, ils descendaient ces mêmes billots par les rivières et les lacs jusqu'à Québec. Là, il a éprouvé beaucoup de peine, de fatigue d'épreuve de misère et de dangers. Plusieurs fois a-t-il dit on avait trente pieds d'eau sous nos cages et tout aussitôt on pouvait ramasser des coquilles au fond du lac. Il a surmonté tous ces obstacles, avec la grâce de Dieu et le secours de la très Ste-Vierge. Après cinq années de ce dur labeur, il est revenu au prêt de sa mère avec le peu d'épargne qu'il avait fait. (qui n'étaient pas épaisses) comme vous pouvez l'imaginer.

Parti à 14 ans et revenu à 19 ans, s'être suffit à lui-même, il trouva cette pauvre infortunée mère malade et avec beaucoup de dettes. La mère avait encore à son nom la terre que son défunt mari avait tant arrosé de ses sueurs mais elle devait plus que la terre valait.

« Louis prit sa mère à rente, s'obligeat de la faire vivre, elle et ses filles, jusqu'à ce qu'elles prissent leur parti. Il promet de payer les dettes, il se mit à l'ouvrage et travailla jour et nuit pour réparer tout ce qu'il y avait car tout avait été négligé depuis la mort du père. C'est avec les plus grandes privations qu'il est parvenu à pouvoir payer les dettes et pourvoir aux besoins de sa mère et de lui-même. Il eut un si grand soin de sa mère que Dieu l'en a récompensé dès cette vie en lui accord ans de longues années remplies de vigueur et de santé. Après 6 ans de soins rendus à cette pauvre mère Dieu l'appela à lui. Il avait toujours dit qu'il n'avait pas les moyens de faire vivre une femme tant que sa mère vivrait.

Il se décida de se chercher une compagne dans le cours de l'année du décès de sa mère. Il épousa une demoiselle Marguerite Daigneau, il naquit de ce mariage les enfants dont les noms suivent -Joseph qui se maria à une Davignon et s'établit à la pointe de chemise, il mourrut lui, sa femme et 3 enfants du grand choléra 1832, lui survivent, 1 garçon Joseph qui s'est établit à St-Athanase, 2 filles une s'est mariée à François Bousquet, l'autre à Paul Archambault. Jean-Baptiste père de Solyme de St-Grégoire. Pierre père de Misael. Charlot père de Joseph qui reste aujourd'hui à l'est de Sherbrooke. François père de Bernard, Abraham père de ses treize enfants. »

Marguerite Daigneau étant décédée en 1816, il contracta un second mariage avec Louise Barré en 1819. Naquit de ce mariage 3 garçons, Louis, Narcisse qui moururent jeunes, Moïse qui naquit le 8 septembre 1820, qui eut le bonheur de prendre ses vieux parents à rente et ainsi hérité de la vieille propriété que grand-père Irénée avait prit a concession sur le rang Bord de l'eau, appartenant aujourd'hui à un des fils de Moïse (Félix) qui est de la quatrième génération.
Où sont les Barrière aujourd'hui

Il y a encore aujourd'hui des descendants de René Barrière dans la région de Chambly, mais ils sont peu nombreux. On les retrouve surtout à Montréal et dans la région de St-Jean de Québec, aux États-Unis où il yen a un très grand nombre, disséminés un peu partout. La plupart ont changé leur nom pour celui de « Gates », dont le frère de mon père, Théodore, mort à Norwich, Connecticut.

Une découpure de journaux en provenance de Roseburg, Oregon, aux États-U nis, du 17 mars 1934, que j'ai en ma possession relate le décès de Frederick Gates.

«Frederick Gates taken by death "Frederick Edward Gates, 78, passed away, following a short illness yesterday afternoon. He had suffered a stroke about a week ago and had been exposed out of doors overnight before he was found by officers who has been called to investigate his disapperance. Mr. Gates was born in Canada and came from Arizona in 1920 to. make his home in Roseburg. He is survived by two nephews: Rev. Father Barrière (fils d'Abraham Barrière et Adéline Rainville) of Maine and Louis Vézina (Louis Vézina est le fils de Médérise Barrière; Médérise est la fille de Louis Barrière, frère de Frédérick) of San Francisco; a niece, Mrs. Anna Waterworth of Brooklyn, New- York: (Anna Waterworth est la fille de Jean-Baptiste, frère de Frédérick) an aunt, Mrs. E. Vezina of Lowell, Mass. Services will be held at the Catholic Cemetery, Saturday morning, at 10 o'clock, Rev. Father Anthony of St-Joseph's Catholic Church, officiating. Arrangements are in care of the Douglas Funeral Home».

Fils d' Abraham Barrière et de Césarie Ménard, Frederick Gates a été baptisé à St-Mathias le 28 juillet 1857. Il était donc le petit-fils de Louis et Marguerite Daigneau et l'arrière-petit-fils de René et Agathe Laporte. Mon cousin Émile me dit l'avoir rencontré dans sa jeunesse vers 1905; Frédérick était venu voir sa famille à Richelieu. Selon Émile, Frédérick apparaissait comme un «cowboy» de l'Ouest américain, coiffé du grand chapeau et chaussé de bottes de cuir à mi-jambe.

Je crois que c'est à Lacolle, dans la région de St-Jean, qu'il yale plus de Barrière aujourd'hui. Le curé de la paroisse St-Bernard me disait il y a quelques années, que le seul moment où il remplissait son église, c'était lors des funérailles d'un Barrière.


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