René Barrière et ses descendants québécois

(Un dossier sur la famille Barrière )
Par ROLAND BARRIÈRE

 

précédent | accueil


Quelques considérations avant de clore ce dossier

Si j'ai affirmé au début de ce dossier qu'un seul Barrière a émigré au Canada, il faut comprendre qu'un seul est venu qui a laissé des descendants. Il en est bien venu deux autres: Jean Baptiste qui serait demeuré célibataire et Pierre sur qui je n'ai pu rien trouver par la suite.

Il est à croire qu'il serait retourné en France. Voyons ce que révèlent les travaux de Mgr Tanguay sur le nom de la famille Barrière.

Dans le premier volume du dictionnaire généalogique des familles canadiennes depuis la fondation de la colonie jusqu'à 1700, édité chez Eusèbe Sénécal en 1871 et compilé par l'abbé Cyprien Tanguay, ne figure personne du nom de Barrière ou de Bari ère dans la liste des habitants de cet époque.

Au deuxième volume du même auteur, mais cette fois édité chez Eusèbe Sénécal & Fils, quinze ans plus tard, soit en 1886, apparaît le nom de René Bari ère, l'ancêtre marié à Françoise Gareau sans mentionner toutefois la date du mariage. Elle est décédée avant 1761 écrit l'abbé Tanguay, à Chambly et elle aune fille Marie, qui a épousé le 12 janvier 1761 Nicolas Mathieu. Nous connaissions ces faits, et davantage. Au chapitre Barrière, l'auteur renvoie à« Alard 1745 ». Il s'agit de Louis Alard époux de Charlotte Chamard, marié à Québec le 25 octobre 1745. Pourquoi cette référence? Ce n'est qu'à la fin du septième volume édité en 1890 que l'on apprend l'explication de ce renvoi, au chapitre des noms de famille qui ont subi des modifications: Allard, Barille, Barrière, Halard, Labarre et Long pré. Tous les Barrière rencontrés au cours de mes recherches sont issus de René Barrière venu de Longué en Anjou, et leur nom est écrit Barrière. Je ne puis donc comprendre la référence que fait le généalogiste Tanguay.

Le septième volume de Mgr Tanguay comprend à la fin une table alphabétique des noms de femmes n'ayant pas souche en Canada. Il s'en trouve une du nom de Barrière venue au Canada. Il s'agit de Marie Barrière épouse de Jean Baptiste Coiteux. Je l'ai placée parmi les enfants de René du premier lit, comme Drouin me l'avait appris. C'est une erreur; Mgr Tanguay avait raison.

Enfin, au deuxième volume, il y a deux autres Barrière: Jean baptisé en 1666, mort à l'Hôpital Général de Montréal le 21 octobre 1750, et Pierre, époux de Marie Auson, morte à Québec le 21 juin 1756.

Je ne leur ai pas trouvé de descendants. D'ailleurs, il semble que Jean était célibataire.

L'Institut Drouin publie depuis 1958 le Dictionnaire National des Canadiens Français de 1608 à 1760 en deux tomes. Au nom Bari ère, seuls sont mentionnés les deux mariages de René, l'ancêtre. Au nom Barrière, il est fait mention de Pierre époux de Marie Auson, sans autre précision. Rien au sujet de Jean. Quant à Marie, Drouin précise qu'elle est la fille de René et Françoise Gareau.

J'ai parcouru le Québec dans tous les sens. J'ai sillonné les régions de Montréal, Québec, la Vallée du Richelieu, du Lac St-Jean, la Gaspésie, le bas du fleuve, la Beauce, les Cantons de l'Est, la Gatineau, l'Abitibi et je n'ai trouvé dans les annuaires téléphoniques aucun Barrière qui n'étaient pas de la souche de René. Cette souche ases racines à Montréal, dans la région de St-Jean d'Iberville et à Sherbrooke.

Depuis une vingtaine d'années, des généalogistes font les relevés des mariages des paroisses de la province de Québec, qu'ils publient et que les chercheurs comme moi consultent. Je les ai tous manipulés et je n'ai rien découvert qui pourrait contredire ce que j'avance.

René venait de l'Anjou. Est-il venu beaucoup d'émigrants de cette province? Selon les statistiques nationales de 1608 à 1640, sur une émigration de 296 habitants, seulement deux sont venus de l' Anjou de 1640 à 1660,56 sur 964 de 1660 à 1680,60 sur 2,542 et de 1680 à 1700, 21 sur 1,092, soit 139 angevins sur un total de 4,894 émigrants. Ce n'est pas beaucoup si I.'on constate qu'au cours de la même période, la Normandie à elle seule en a fourni 958, soit le plus grand nombre d'émigrants. L'Île de France en a fourni 621.

En est-il venu d'autres de Longué? Il semble que non. Après avoir parcouru tout le dictionnaire national de Drouin, je n'ai pas revu Longué comme village d'origine.

En France le nom Barrière est répandu, donc très connu. J'ai été d'ailleurs à même de le constater à l'occasion de mon voyage en France en 1964 parce que là-bas, comme ici, chaque fois que je me suis trouvé dans une ville nouvelle ou une région différente, je m'empressais toujours de consulter l'annuaire téléphonique de l'endroit et partout en France, on rencontre des Barrière. Je me rappelle dans ma jeunesse, à l'école ou ailleurs, chaque fois que je disais mon nom on paraissait toujours surpris et souvent on me le faisait répéter.

Je cherchais depuis longtemps des explications sur l'origine des noms de familles. D'où viennent-ils? Et depuis quand existent-ils? C'est dans le dictionnaire généalogique des familles canadiennes de Mgr I Cyprien Tanguay édité en 1871 que j'ai pu trouver quelques données sur le sujet.

Mgr Tanguay, dans son aperçu étymologique et historique sur les noms, s'inspire, déclare-t-il, de l'excellent travail de M. Salverte. Qui était ce monsieur Salverte? Je l'ignore.

Suivant une hypothèse assez commune, selon Mgr Tanguay, l'origine de la plupart des noms de famille en France ne daterait que du XIle siècle.

Le surnom le plus simple, le plus naturel, celui qu'on retrouve chez tous les peuples, se forme en joignant au nom du fils celui du père, comme dans la bible l'on parle d'Isaac fils d'Abraham, ici l'on disait Paul fils de Jean.

Mgr Tanguay donne la liste complète, prétend-il, des différentes sources des noms des familles canadiennes. Il en donne treize catégories, les voici:

1.      Des métiers: Berger, Boucher, Boulanger, Charpentier, Chartier

2.      Des titres: L'abbé, L'archevêque, Bourgeois, Chevalier

3.      Des endroits: Beaulieu, Buisson, Carrière, Desrosiers, Fontaine

4.      Des qualités: Blanchet, Bon enfant, Courtemanche, Courtois

5.      Des aventures ou d'accidents: Casgrain, Gâtebois, Pellerin, Pot-de-vin, Taillefer

6.      Des pays, villes: Lafrance, Langevin, Breton, Lyonnais, Normand

7.      Du latin, du grec ou de l'hébreu: Aubin, David, Julien, Simon, Félin

8.      Noms saxons et autres: Adémar, Alain, Albert

9.      Des oiseaux, animaux: Bacon, Chabot, Lacaille, Lebreuf, Létourneau

10. Noms de terres. tirés de noms d'hommes: De la Bourbonnière, de la Naudière, de la Durantaye

11. Sobriquets: Larose, Latulippe, Lafleur, Bel humeur

12. Des noms .français traduits en anglais: Deschamps -Fields Loiseau -Bird Laframboise -Berry Bélanger -Baker Roy -King

13. Des noms étrangers: Chouinard Dasilva Molleur Spinard

À la fin de ce dossier, je me demande si tous les Canadiens-français du Québec ne sont pas tous parents de près ou de loin '! Le Canada est un pays jeune; il arrive qu'un ancêtre commun apparaisse à plusieurs endroits dans l'arbre généalogique familial. J'ai rencontré ce phénomène dans ma famille immédiate, celle de mon père et de ma mère, née Brissette. Je retrouve par exemple Jacques Archambault qui venait de France, à l'origine de cinq lignées de descendants.

Ainsi du côté de mon père, c'est l'épouse de son grand grand père Dame, Céleste Boucher qui me fait remonter à Jacquette Archambault fille de Jacques Archambault.

Du côté de ma mère, c'est Marie Pagé, l'épouse de Jacques Brissette, le grand-père de mon grand-père qui m'amène à Marie Archambault, autre fille de Jacques.

Encore du côté de ma mère, c'est Marie Reine Larivé, épouse de Louis Major, grand-père de ma grand-mère Joséphine Major qui m'amène à Marie Archambault, et aussi Angèle Perrin, épouse d'Hyacinthe Brissette grand-père de ma mère qui vient de Marie Archambault.

Sophie Gariepy, épouse de Pierre Major, grand-père maternel de ma mère, m'amène à Anne Archambault autre fille de Jacques.