René Barrière et ses descendants québécois

(Un dossier sur la famille Barrière )
Par ROLAND BARRIÈRE

 

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Voyage à Longué

PAYS D'ORIGINE DE L'ANCÊTRE

Depuis bien longtemps, je caressais le projet d'aller en France, à Longué, au pays d'origine de René Barrière. Je voulais refaire à l'inverse le voyage de l'ancêtre, mais dans des conditions tellement différentes: à peine six heures d'avion.

Je me décidai donc d'écrire, un jour, au curé de la paroisse natale de René Barrière. Surprise! je reçois une réponse du curé Louis Fromont. Et c'est le début d'une correspondance avec un personnage sympathique qui s'est dit enchanté de ma curiosité, et il m'a raconté avoir une affection particulière pour le Canada.

C'était le 21 janvier 1964. Les registres paroissiaux ne remontent qu'à 1815, les précédents me dit-il, sont peut-être en mairie, à moins qu'ils n'aient été détruits lors de la Révolution en 1789. Heureusement, un de ses paroissiens, M. Giraud, chercheur longuéen, c'est ainsi qu'il se décrit lui-même, poursuivra des recherches pour moi.

On m'apprend qu'il n'existe qu'une seule famille Barrière à Longué qui n'est pas originaire de l' Anjou mais du Limousin. Il existe d'autres familles Barrière à Saumur et à Angers. Il relève également des Béranger à Angers, le nom de famille de la mère de René.

Malgré tous ses efforts, M. Giraud ne retrouve pas l'acte de naissance de René, mais il retrouve ceux de ses frères et sœurs. René vient donc effectivement de Longué.

Jacques Saillot, autre chercheur, mais cette fois d'Angers, consent à effectuer des recherches aux archives nationales. Le 17 octobre 1964, il m'écrit. « Le résultat de mes recherches, dit-il, ont été prolongées du fait de l'absence presque totale de renseignements concernant l'ancêtre René Barrière. En effet, les registres de Longué présentent une importante lacune couvrant les années 1692 à 1737, et malheureusement la collection départementale est la seule subsistance pour cette période; ceux qui devraient être déposés à la Mairie de Longué ont été détruits pendant les guerres de Vendée, en 1793. »

Il déclare, comme Monsieur Giraud, que l'ancêtre est bien de la région, car une soeur de René, Marie, voit le jour à Longué le 11 mai 1690 et comme lui, elle est la fille de Joseph Barrière et de Catherine Béranger.

J'ai lu et relu avec intérêt une brochure dont on m'a fait- cadeau à Longué et intitulée « Notre-Dame-de-la-Légion-d'Honneur», éditée à l’occasion du centenaire de l’église actuelle de Longué qui rappelle, selon la préface, les graves événements qui ont présidé à sa fondation, le dévouement héroïque de son premier curé et la généreuse solidarité des membres de l’ordre dont elle porte le nom. Le premier chapitre porte sur l’origine de la paroisse de Longué et j'en extrais ce qui suit: «Longué est un vieux pays. Au milieu de la vallée angevine, entre le commencement des vallonnements et des forêts du Baugeois et la rive droite de la Loire, qu'accompagne, le long des prés, la petite rivière de l' Authion, c'est un antique lieu de passage à travers les eaux; c'est le long gué que dit son nom. Pays d'eaux, pays de terres fertiles apportées par les eaux, Longué ne pouvait manquer d'attirer et de retenir l'homme. Il a été habité depuis les temps les plus anciens. Son premier nom, celtique, de Thenais n'en est-il pas une preuve? Au XIe siècle, Longué avait déjà son église. C'est un Comte d'Anjou qui la fonda; il en fit don aux moines bénédictins de Cunault, qui établirent à Longué un prieuré dédié, comme l'église elle-même, à Notre-Dame.»

« La paroisse de Longué ne tarda pas à faire bonne figure dans le diocèse d'Angers, Dans un vieux Noël d'Urbain Renard qui se chantait jusqu'à la fin du XVIIe siècle et qui se trouve dans la grande Bible des Noëls angevins, Longué est rune des vingt villes seules citées après Angers et les Ponts-de-Cé et avant les Manceaux, les Poitevins et les Bretons: Saumur, Doué, Bourgueil, Saint-Florent, Ingrande, Candé, Châteaugontier, Craon, La Flèche marchande, Durtal, Segré, Morannes, Baugé, LONGUÉ, Beau- fort, Brissac, Denée, Chalonnes, Saint-Georges et Rochefort».

Aujourd'hui, Longué fait partie du département de Maine-et-Loire et est situé à une courte distance de Saumur, soit à une dizaine de milles de l’autre côté de la Loire, à 22 milles d'Angers, une des grandes villes de France et à 180 milles de Paris. Longué comptait en 1964, 4,500 habitants.

Le maire de Longué, Monsieur Rivain, était également député à l’Assemblée Nationale, au moment de mon voyage. La population est ouvrière et rurale. Quatre petites usines emploient de 7 à 800 ouvriers. La plus importante en compte presque 400.

La population rurale tend à diminuer. Les cultivateurs s'adonnent surtout à la culture spécialisée: asperges, fraises, haricots. La terre légère qu'on y trouve convient à la culture maraîchère.

 

 

 

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