René Barrière et ses descendants québécois

(Un dossier sur la famille Barrière )
Par ROLAND BARRIÈRE

 

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Chambly -St -Mathias

PAYS D'ADOPTION DE RENÉ BARRIÈRE

On l'a déjà vu, la Seigneurie de Chambly remonte au 29 octobre 1672, par acte de concession de l'intendant Jean- Talon. Au recensement de 1723, René n'apparaît pas sur la liste des concessionnaires. C'est en 1728 qu'on le rencontre pour la première fois, à son premier mariage avec Françoise Gareau.

René Barrière se fixa dans la vallée du Richelieu, à St-Mathias, berceau de la famille Barrière au Québec, qui en est demeurée le centre et le foyer principal jusque vers 1930.

À l'époque, la paroisse fixe les limites des villages. L'érection canonique de Chambly en paroisse date du 20 septembre 1721, en vertu d'un décret de Mgr de St-Vallier, évêque de Québec, sept ans avant le premier mariage de René Barrière.

La chapelle du Fort Chambly servit de première église paroissiale, sous le vocable de St-Louis, et ce n'est qu'en 1739 que ce vocable fut changé pour celui de St-Joseph. Une chapelle de bois existait en face du Fort, en dehors des murs. Cette construction avait probablement été érigée à cause de l'exiguïté de la chapelle située à l'intérieur du Fort et devait servir d'église paroissiale.

C'est en 1739, que J.-P. Renaudet et sa femme Madeleine Ménard donnèrent à la fabrique un terrain. C'est celui où est bâtie l'église actuelle, St-Joseph. En 1757, l'église étant devenue trop petite, on en construisit une nouvelle à l'endroit précis où est situé le temple actuel. Cette église fut incendiée le 9 juin 1806 et on termina sa recontruction en 1810, 70 ans plus tard, soit en 1880; cette église étant incendiée à son tour, on en construisit une nouvelle sur les ruines de l'ancienne et elle fut ouverte au culte le 20 novembre 1881. C'est l'église actuelle.

La paroisse de Chambly constituait un immense territoire, puis- qu'elle incluait toute la Seigneurie de Chambly qui mesurait 6 lieues de front sur une lieue de profondeur, des 2 côtés de la rivière Richelieu. A l'époque de l'érection de Chambly en paroisse, la Pointe à Olivier (St- Mathias) en était une desserte et eut une chapelle bénite en 1739, sous le vocable de la Conception, qui servit de desserte jusqu'en 1762.

Au début de la concession seigneuriale, la paroisse de St-Mathias fait donc partie de la Seigneurie de Chambly. Celle-ci fut d'abord concédée, on le sait, à M. de Chambly, officier du régiment de Carignan, puis appartint à M. Pierre de Saint-Ours en 1681, à M. François Hertel en 1688.

Primitivement, St-Mathias contenait trois lieues de front sur une profondeur d'une lieue environ avec trois concessions: la rive droite du Richelieu; une lieue et demie de la partie inférieure de la petite rivière des Hurons; et deux lieues de longueur sur le Cordon et la Savane ainsi que le petit rang Saint-Simon. Elle fut la paroisse-mère de Richelieu, St- Hilaire et Marieville.

Les premiers colons vinrent s'y établir vers 1700. Parmi ceux dont nous connaissons les noms, mentionnons: Les Stebenne, Jean Mailhot et Jean Massé, en 1707; Jean Besset en 1708; Ange Cusson et Pierre Pépin dit Laforce en 1710; Jean Lefort, en 1711; Louis Trouillet dit Lajeunesse en 1712; Adrien Legrain dit Lavallée, Philippe Poirier et Jean Vigeant, en 1713; Françoise Bellet en 1716; François Davignon dit Beauregard en 1719; André Gauthier, Saint Germain en 1720; Jean Barré en 1722; Joseph Claveau en 1723; Michel Lague en 1724 et René Barrière en 1728.

La paroisse-mère de St-Mathias fut donc St-Joseph de Chambly. C'est là que, avant 1777, année où la paroisse eut ses registres, il faut aller chercher les extraits de baptêmes, mariages et sépultures~ Les premiers missionnaires de St-Mathias furent les Pères Récollets suivants: Michel Levasseur, de 1739 à 1746; Claude Charpentier, de 1746 à 1763; et Félix de Berry, de 1763 à 1769; puis M. L'Abbé Médard Pétrimoulx, de 1769 à 1777.

Léon Trépanier écrit au sujet des troubles de 1837-1838 «que Saint- Mathias de Rouville a été, dès le début du soulèvement, dans la zone d'opérations militaires, mais qu'il échappa aux grandes épreuves de cette période agitée. » « Saint-Mathias ne connut pas les sanglantes échauffourées de Saint-Charles, Saint-Denis, Saint-Benoît et Saint-Eustache, théâtres de destructions de vies et de propriétés. » «Aucun citoyen de la Pointe-Olivier, nom que portait ce village, ne figure parmi les douze exécutés à la prison de Montréal de 1838, non plus que parmi les 58 déportés en Australie ou ceux déportés aux Bermudes. » « Les quelques paroissiens de St-Mathias, appréhendés au cours de l'insurrection, durent passer par quelques procédures judiciaires, mais ils échappèrent assez facilement à la sévérité des tribunaux. »

 

 

La terre de René Barrière

On lira dans l'acte de donation de 1783 de René à son fils Joseph, la description suivante de sa terre: « Une terre de trois arpents moins trois perches treize pieds, six pouces de front sur trente arpents dè profondeur. » La terre concédée était sûrement plus grande à l'origine parce que le 12 novembre 1781, devant le notaire Grisé, René vend à son gendre, François Southière «dit la Giroflé» le mari de sa fille Josephte «la juste moitié du terrain qu'il a et possède dans la Pointe de Chemise, sis en la Seigneurie de Chambly au sud de la rivière Richelieu, tenant le dit terrain à celui de Jolibois». S'agit-il ici, du mari de son autre fille Thérèse? C'est très possible. Cette transaction s'est faite «au prix de quarante-hui schelins, ancien cours de cette province».

Joseph est décédé peu de temps après avoir reçu ce qui restait de la terre de son père. Joseph n'a laissé que deux filles. Agathe, la deuxième femme de René, ayant survécu à son mari, sa bru, l'épouse de Joseph, lui a remis une partie de la terre. On découvre ceci à l'acte de donation du 9 juillet 1795 où Agathe, à son tour, se donne à son fils Louis: « une terre concession d'un arpent et neuf perches de front sur trente arpents de profondeur, sise en la Seigneurie de Chambly sur une part afférente à M. de Rouville, escuier, tenant par devant à la rivière Richelieu et en profondeur aux héritiers Joseph Barrière. Appartenant la dite terre, à la dite donatrice par droit de communauté et par remise d'une part fait par la veuve Joseph Barrière, sa bru».

Le 14 mai 1845, Louis agit de la même façon que son père et sa mère. Il donne tout à son fils du deuxième lit, Moïse, suivant acte de donation, passé chez le notaire Bertrand; neuf grandes pages, format légal, écrites à la main où tout est décrit dans les menus détails.

Louis possède alors trois terres, dont une « située en la Seigneurie de Chambly de la contenance de 18 perches de front sur trente arpents de profondeur, tenant par devant au rapide de Chambly, par derrière au chemin du Cordon pour l'avoir eue par donation d'Agathe Laporte, sa mère».

 

 

 

Plus tard, le 24 juin 1861, Moïse vend à John Montgomery, meunier de St-Mathias, «un lot de terre en la dite paroisse seigneuriale de Chambly et faisant partie d'une terre lui appartenant, tenant par devant au rapide de Chambly pour ravoir eue de donation de Louis Barrière, son père, par acte devant Me P. Bertrand en date du 14 mai 1845».

Il s'en suit donc, que la terre de René Barrière ne se situe pas au Rang de la Savane à Richelieu comme certains petits-fils de Moïse le croient, mais bien dans les limites actuelles de St-Mathias, entre le Richelieu, aux Rapides, le Cordon et les Hurons à ce qu'on appelle encore aujourd'hui la Pointe de chemise.

Quand à Moïse, il a épousé Céleste Loiselle, une jeune fille à l’aise à en juger par son testament où elle lègue la terre de la Savane, son or , argent, cédules et obligations à ses enfants et l’usufruit à son mari. On sait que la terre en question, Moïse se l’étant fait céder par ses enfants, d'après l’acte de cession passé devant le notaire Bombardier, pour la vendre le même jour à son fils Félix, au prix de $8000.

 

 

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