René Barrière et ses descendants québécois

(Un dossier sur la famille Barrière )
Par ROLAND BARRIÈRE

 

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Les premières générations 

Note sur le tableau

Le tableau qui suit donne les grandes lignes des différentes souches qui font l'objet de mon travail proprement dit. Je suis allé, dans le cas de certaines familles, un peu plus loin que d'autres, non par caprice mais plutôt dans le but de fournir aux chercheurs comme moi, l'occasion de compléter leur lignée respective.  

Je me suis rendu compte, la matière étant tellement vaste, qu'un travail comme celui que j'ai entrepris, ne se finit jamais. J'ai trouvé, depuis que j'ai décidé de mettre un terme à mon dossier, beaucoup d'autres renseignements très pertinents et que les lecteurs auraient appréciés. Il faut donc y consacrer du temps et bien souvent c'est au hasard d'une recherche qu'une véritable trouvaille se produit, contre- disant parfois ce gui a été dit déjà.

Il est certain aussi, que dans certaines familles, il y a des personnages qui auraient avantage à être connus.

Les vieux documents parfois sont difficiles à lire, et encore faut-il les découvrir. Certains registres sont mieux tenus, d'autres ont connu l'usure plus rapidement. Et que dire des erreurs! J'en ai constaté, au cours de mes recherches.

J'ai la conviction que beaucoup des nôtres sont passés aux États- Unis. À chacun de mes voyages, là-bas, d'autres noms viennent s'ajouter à mon répertoire.

Il ne faudra pas se surprendre, si, à la lecture qui suit, on a l'impression qu'une famille a été négligée. Je n'en donne pas assez, croit-on ? C'est à chacun d'y voir .


DEUXIÈME GÉNÉRATION

RENÉ, fils, premier lit

1729-1768

C'est à lui que revient l'honneur d'être le premier enfant Barrière né au Canada et c'est l'ancêtre des Barrière de Lacolle et des environs. On ne possède pas, malheureusement, beaucoup de renseignements sur lui.

Fils de l'ancêtre René et de Françoise Gareau, il est baptisé à Chambly, le 9 août 1729. Son parrain: Jean Gareau, son grand-père; sa marraine: Thérèse Lalouette, sa grand-mère. Au décès de sa mère, il n'a que seize ans. Il épouse à Chambly, le 25 février 1754, Louise Laporte, la soeur de la deuxième femme de son père et devient alors beau-frère de son père.

René, fils de René, meurt jeune, à l'âge de 39 ans et est inhumé à Chambly, le Il juillet 1768.

Il a eu deux fils: René, né en 1755 et Deny, né en 1764. Louise Laporte, son épouse, ne restera pas veuve longtemps puisque deux mois après la mort de son mari, soit le 26 septembre 1768, elle épouse un veuf du nom de Pierre Quintin-Dubois à Chambly, veuf de Charlotte Rouillé.

Louise demeurera encore quelque temps à Chambly puisqu'en 1774, au mariage de son fils René, elle est encore à Chambly. Puis elle ira s'installer à St-Jean-François-Régis, aujourd'hui St-Philippe-de- Laprairie, où ses deux fils se marieront chacun trois fois.


TROISIÈME GÉNÉRATION

RENÉ, petit-fils, premier lit

1755

Fils de René et Louise Laporte, il se marie une première fois à l'âge de 19 ans avec Josephte Monet. fille de feu François Monet et de défunte Élizabeth Dumontet, à St-Jean-François-Régis, le 14 février 1774.

Le 9 février précédent, chez le notaire P. Lalanne, il fait rédiger son contrat de mariage et il se déclare être le fils de feu René Borié et de Madame Louise Laporte de Chambly. Sa fiancée a 18 ans et est orpheline.

Son beau-père Pierre Dubois, son oncle Jean-Baptiste Laporte et sa tante Jeanne Bessette raccompagnent chez le notaire, comme c'est la coutume.

Cinq ans plus tard, devenu veuf sans enfant, il épouse le 25 octobre 1779, Geneviève Giroux âgée de 20 ans, fille de feu Jean-Baptiste Giroux et de Geneviève Dupuy, dans la même paroisse. René a 25 ans.

Le 23 octobre 1779, encore chez le même notaire, il fait rédiger son contrat de mariage en présence de sa mère et du Sieur Pinsonneaux, lui servant de père, de Michel Giroux et Joseph Courville, ses amis.

Geneviève Giroux reçoit de sa mère à l'occasion de son mariage, un arpent de terre de front sur environ trente de profondeur, situé au Ruisseau St-Claude.

René aura, avec Geneviève Giroux, un fils Deny, (quatrième génération) baptisé le Il mars 1785, né la nuit précédente et quatre filles dont les noms suivent, baptisées à St-Jean-François-Régis: Julienne, mariée à Antoine Champagne; Louise, mariée à Abraham Baudé, Josephte, mariée à Étienne Ménard et Marguerite, mariée à Alexis Ménard. Deny, son seul fils, vivra jusqu'à l'âge de 92 ans.

Devenu veuf une deuxième fois, René épouse à l'âge de 55 ans, Marie Josephte Vivier, veuve de Pierre Laporte, dans la même paroisse, le 24 septembre 1810.

Le 22 mai 1811, chez le notaire Edme Henry, René petit fils de l'ancêtre, âgé de 56 ans, fait rédiger son testament et déclare ne savoir signer son nom.

René est dit agriculteur de la paroisse de St-Philippe et donne tous ses biens à son « unique support et soutien, son fils Deny Barrière « dit Langevin» «à charge néanmoins de payer à chacune de ses soeurs la somme de cinq chelins».

Pierre Pinsonneault, capitaine de milice, en la paroisse de St- Philippe est nommé exécuteur «qu'il prie de prendre cette peine entre ses mains... duquel il se désaisit de tous ces biens suivant la coutume».

Ce testament est conservé aux archives de la Province à Montréal, No.4227. A noter qu'il n'est fait aucune mention de sa dernière épouse Marie Josephte Vivier.

Le 2 juillet 1804, Deny, son seul fils âgé de 19 ans et issu du mariage avec sa deuxième femme, épouse Amable Bourdon et en deuxième noces le 16 novembre 1812, Marie Geneviève Monet. Il sera inhumé à St-Bernard-de-Lacolle, le 5 avril 1877.

De sa deuxième femme, Deny aura trois garçons qui vivront à St- Bernard-de-Lacolle et qui sont la cinquième génération.

Narcisse, marié à Marguerite Bluteau Hilaire, marié à Angèle Désautels Guillaume, marié à Flavie Raymond Deny et son fils Narcisse sont signataires de la requête de 1841 adressée à Mgr Bourget, le suppliant de bien vouloir ériger leur territoire en paroisse, soit St-Bernard-de-Lacolle.


TROISIÈME GÉNÉRATION

DENY, petit-fils, premier lit

1764

Fils de René et de Louise Laporte, laboureur de profession, lit-on au registre paroissial, comme son frère, il se mariera trois fois. Il se marie une première fois, à l'âge de 23 ans avec Angélique Cardinal, fille de Jean-Baptiste Cardinal et Angélique Dupuy, le 19 février 1787 à St- Jean-François-Régis. Il a trois garçons, tous baptisés dans la même paroisse. Deny en 1789, Charles en 1791 et Basile en 1792.

Je ne sais rien d'eux à part leur naissance sauf qu'à la fin de mes recherches, j'ai découvert au répertoire des mariages de l'année 1816, de l'Église Notre Dame de Montréal, le mariage de Charles Langevin, sellier, fils majeur de Denis Langevin et de défunte Marie Anne Cardinal de Lacadie avec Marguerite Dancan, fille majeure de William Dancan, soldat, et de défunte Betset Wailt. Je crois qu'il s'agit ici de Charles. Charles était donc rendu à Montréal car il est déclaré comme étant de la paroisse Notre Dame.

Charles était un enfant au décès de sa mère; son père se remarie en 1798, fort probablement peu de temps après le décès. Cette deuxième épouse ne vivra pas longtemps, Deny se mariant en troisième noces en 1808. Charles a alors 17 ans, il a dû prendre le chemin de la ville et c'est ainsi qu'on le retrouve à Montréal en 1816. Il est à remarquer que Lacadie est une paroisse voisine de St-Jean-François-Régis; il ne faut .donc pas se surprendre de l'endroit.

Onze ans plus tard, le 5 février 1798, âgé de 34 ans, devenu veuf, Deny épouse en deuxième noces Angélique Giroux. la soeur de sa belle-soeur, avec qui il n'a pas d'enfant. Sont dits présents au registre des mariages, Pierre Quintin son beau-père, René Barrière son frère aîné.

Enfin, le 29 août 1808, en troisième noces, Deny épouse Catherine Fontaine qui lui donnera un fils -Médard, sur lequel je n'ai pu rien apprendre.


DEUXIÈME GÉNÉRATION

ANTOINE, fils, premier lit

1738-

Autre fils de René et Françoise Gareau, Antoine serait né en 1738, selon le contrat d'apprentissage, passé en 1750, où il est dit avoir douze ans environ. Je n'ai d'autre précision sur sa naissance et son baptême. Il est apprenti tonnelier chez Jean-Baptiste Prévost à Montréal jusqu'en 1758. Il se marie avec Louise Neveu, fille de Louis Neveu et Marie-Anne Bourdet. Le mariage a lieu à Chambly, le 22 janvier 1770.

Comme son père, Antoine cultive la terre; c'est obligatoire. Il vit à St-Olivier, comté de Bedford, aujourd'hui St-Mathias, comté de Rou- ville et je note que six enfants sont nés de son mariage avec Louise Neveu: trois filles, trois garçons, tous baptisés et mariés à St-Mathias, à l'exception de Jean-Baptiste qui se marie à Marieville.

·        Madeleine, épouse Jean-Marie Gaudin le 30 mai 1791.

·        Antoine. épouse Victoire Vigeant le 18 juin 1798.

·        Marguerite, épouse Pierre Lambert à l'âge de 17 ans, le 12 août 1799. [Un fils Michel Lambert, a épousé Euphrosine Guilbert, à St-Athanase, le 21/11/1836. ]

·        Anne, épouse Benjamin Archambault le 5 mai 1800. [Une fille Marie Archambault épouse Louis Robert, à St-Athanase, I.e 12/11/1833.]

·        Jacques. épouse en première noces, Catherine Lambert, le 30 août 1802 et en deuxième noces, Marie-Anne Régnier, le 25 novembre 1805.

·        Jean-Bapliste, épouse Marie Rocheleau le 20 avril 1812.

Le 20 juillet 1793, en l'étude du notaire J.B. Grisé, Antoine donne à son fils Antoine une terre. Voyons plutôt ce que dit l'acte de donation : Antoine Barrière dit Langevin, habitant, demeurant en la paroisse St-Olivier, comté de Bedford, cède maintenant et à toujours à son fils Antoine Barrière, fils demeurant aussi au même lieu, une terre et concession de trois arpents de front sur 27 arpents de profondeur sise en la Seigneurie de Chambly du côté est de la Rivière Richelieu sans bâtiment.


TROISIÈME GÉNÉRATION .

ANTOINE, petit-fils, premier lit

1771-1844

Baptisé à St-Olivier, fils d'Antoine et Louise Neveu, Antoine épouse dans la même paroisse, le 18 juin 1798, Victoire Vigeant, fille majeure de feu Laurent Vigeant et de Marie-Anne Boileau, en présence de son frère Jacques. Quatre jours auparavant, soit le 14 juin avant- midi, il fait rédiger son contrat de mariage par les notaires Mondelet et le Guay, résidents «sur la rivière Richelieu dit te de Chambly».

Trois fils survivront de cette union. François né en 1801, Henry né en 1804 et Augustin, qui forment la quatrième génération. Son premier enfant, un garçon prénommé Antoine, le 13 avri11799, mourra, âgé de 6 ans. Le 13 avril 1808, il fera baptiser un autre fils du nom d'Antoine qui mourra lui aussi la même année.

Antoine quittera St-Olivier pour aller vivre à St-Athanase d'Iberville, où deux de ses fils se marieront. François, baptisé le 8 janvier 1801, épouse à St-Athanase le 8 janvier 1837, Céleste Giroux. Il décède en 1849 à St-Athanase. Henry, baptisé le 18 juillet 1804, épouse à St- Athanase le 28 octobre 1839, Rosalie Storan et en deuxième noces Rose Surprenant, «dit Vilaine». Le troisième, Augustin demeurera céliba- taire. J'ai lu son acte d'inhumation daté du 5 mars 1870 à St-Athanase où on le déclare «mendiant» de son vivant.

Antoine sera inhumé à St-Athanase le 15 mars 1844, décédé la «surveille» à l'âge de 75 ans environ. Il est à l'origine des Barrière de St- Athanase d'Iberville.

J'ai encore découvert au cours de recherches l'existence de deux filles d'Antoine et de Victoire Vigeant: Marie, mariée à Pierre Laporte, veuf de Charlotte Beaudry, à St-Athanase le 29 avril 1880, et inhumée le 27 juin 1880 à l'âge de 58 ans à St-Grégoire, et Josephte qui se marie sous le nom de Langevin à Jean-Baptiste Courtemanche, à St-Athanase le II novembre 1841.


TROISIÈME GÉNÉRATION

JACQUES, petit-fils, premier lit

1780-1871

Baptisé à St-Olivier, le 3 mai 1780, Jacques est fils d'Antoine et Louise Neveu. Son parrain, Jacques Robert et sa marraine, Marie Lebeau. A l'âge de 22 ans, il épouse dans la même paroisse, le 30 août 1802, Catherine Lambert âgée de 18 ans environ, en présence de ses deux frères, Antoine et Jean-Baptiste et de Jean-Marie Gaudin et Benjamin Archambault, ses beau-frères. Il devient veuf peu de temps après et il épouse en deuxième noces, dans la même paroisse, le 25 novembre 1805, Marie-Anne Régnier «dit Briand».

De sa première femme, Jacques n'a pas eu d'enfant mais avec la seconde, j'ai noté deux fils, Étienne né en 1809 et Jean-Baptiste né en 1811 et trois filles: Césarie, mariée à Moïse Messier, Josette, mariée à Jérémie Bessette et Marie, mariée à Godfroy Lareau; toutes trois mariées à St-Mathias, c'est-à-dire St-Olivier.

Ses deux fils (quatrième génération) épousent les deux soeurs: Étienne, Clotilde Thuot en 1829 et Jean-Baptiste, Osite Thuot en 1835.

Jean-Baptiste épousera plus tard en deuxième noces, Flavie Foisy, le 14 novembre 1854.

Jacques ira finir ses jours à St-Grégoire où il sera inhumé le 15 novembre 1871. Il est à l'origine des Barrière de St-Grégoire et de St- Jean d'Iberville.

Son fils, Étienne, a eu douze enfants; sept filles et cinq garçons (cinquième génération): Thomas, marié à Marcelline Lebeau en 1855, Pierre, marié à Adèle Fréchette en 1864 et en deuxième noces à Joséphine Robidoux en 1876, Étienne, marié à Célina Jetté en 1867, Joseph, navigateur, marié à Octavie Thuot, Prosper, marié à Ambroise Lebeau en 1851.

De son autre fils Jean-Baptiste, j'ai noté quatre fils: Jean-Baptiste, Paul, Isaac et Onésime. Mes recherches n'ont rien donné quant à leurs mariages et leurs descendances. Ils ont peut-être émigré aux États-Unis.


TROISIÈME GÉNÉRATION

JEAN-BAPTISTE, petit-fils, premier lit

1785

Baptisé à St-Olivier en juin 1785, frère de Jacques et Antoine, fils d'Antoine et Louise Neveu, Jean-Baptiste épouse à Marieville, le 20 avril 1812, à l'âge de 26 ans, Marie Rocheleau, fille de Joseph Rocheleau et de Catherine Macé.

Quatre fils sont issus de cette union. Ils sont la (quatrième génération): Jean-Baptiste né en 1813, baptisé à Marieville épousera à l'âge de 23 ans Adelaïde Berger, le 15 février 1836 à Marieville, fille de Louis Berger et Louise Laporte. Léon, né en 1816 et baptisé à St- Mathias; Edouard, né en 1820 et baptisé à St-Mathias; Paul, baptisé sous condition, à Marieville le 6 juin 1814.

Paul épouse à St-Athanase d'Iberville, le 15 février 1848, Rosalie Bernard et en deuxième noces Flavie Foisy, veuve de Jean-Baptiste Barrière, le 21 octobre 1862 à Henryville.


DEUXIÈME GÉNÉRATION

JOSEPH, fils, deuxième lit

1752-1784

Joseph est le premier fils de René, du second mariage avec Agathe Laporte. Né en 1752, il épouse le 19 octobre 1778 à St-Mathias, Louise Barré, fille de Jean Barré et d'Agathe Larocque, «dit Lafontaine», qui se trouve être la fille de la belle-soeur de sa soeur Charlotte, en présence de Charlotte, Geneviève, Marie, Josephte et Marie-Anne, ses soeurs.

Joseph ne vivra pas longtemps. Il meurt jeune à l'âge de 32 ans, « de mort subite», le 4 mai 1784. Il est inhumé à St-Mathias le jour suivant.

Son épouse, Louise Barré, épousera en deuxième noces à St-Mathias, Louis Cadieux, le 25 juillet 1785.

Je n'ai trouvé que deux enfants issus de ce mariage; une fille Louise née en 1780 qui épouse Joseph Benoît à St-Mathias le 30 juillet 1804 et une autre fille, Élizabeth, morte célibataire à l'âge de 51 ans et inhumée le 2 novembre 1833 à St-Césaire.

On se rappelle que son père René, l'ancêtre, s'était donné à Joseph, quelques temps avant de mourir. Les biens de René seront retournés à la famille Barrière, à la mort de Joseph, tel qu'en fait foi l'acte de donation d'Agathe Laporte à Louis Barrière, l'autre fils du deuxième lit.

NOTE -J'ai découvert dans le répertoire des mariages de St-Césaire, le mariage-de Godfroid Benoît, fils de Joseph Benoît et Louise Barrière, à Marguerite Cornault le 9 janvier 1837.


DEUXIÈME GÉNÉRATION

LOUIS, fils, deuxième lit

1768-1852

Louis, l'héritier de la terre ancestrale par acte de donation de sa mère, Agathe Laporte, sera cultivateur comme son père à St-Mathias.

Baptisé le IO juin 1768, son père René, l'ancêtre, a alors 68 ans. Il a à peine quinze ans au décès de ce dernier .

Le 13 février 1792, Louis épouse en première noces à l'âge de 23 ans, Marguerite Daigneau, fille de Joseph Daigneau et Marie-Anne Benoît, en présence de sa soeur Thérèse. Il est le seul fils de René, du deuxième lit, qui eut des garçons.

Son contrat de mariage du 8 février 1792 devant le notaire J .B. Grisé avec Marguerite Daigneau, comme il semble être la coutume à ce- temps là, révèle la présence de Joseph Bessette, son beau-frère, Thérèse, sa soeur, Louis Vigeant, son oncle et parrain. Le contrat stipule «qu'ils ont promis et promettent se prendre l'un et l'autre pour mari et femme par la loi et nom de mariage et y celui faire célébrer en face de notre mère la Ste Église le plus tôt que faire ce pourra sitôt qu'une des parties en requerra l'autre, pour être comme seront les futurs époux uns et communs, en tous bien meubles et conquets immeubles». « Le dit Daigneau donne à la dite future épouse, sa fille, en avancement d'hoirie, un lit de plume avec drap, traversin, paillasse courte pointe, une vache, deux moutons, six poules et le coq, lesquels articles entreront en la dite communauté».

Louis vivra 26 ans avec Marguerite Daigneau, puisqu'en avril 1818 il deviendra veuf. Mais ce ne sera pas pour longtemps. Comme son père, il se mariera en deuxième noces. En effet, il épouse en octobre 1819, Louise Barré, fille majeure de Louis Barré, cultivateur et de défunte Marie Louise Monty, de Marieville.

Louis a eu six garçons avec Marguerite Daigneau. Ils sont de la troisième génération. U n seul est marié, à la mort de sa mère. L'aîné, baptisé Joseph Louis, le 7 mars 1793, portera le nom de Joseph.

Trois garçons épouseront des Davignon. Joseph et François, les deux soeurs: Judith et Flavie, à quinze ans d'intervalle, filles de Joseph Davignon et de Marie Viens. Jean-Baptiste épousera Geneviève Davi- gnon, fille de Charles Davignon et Geneviève Bertrand.

Un autre de ses garçons, Pierre, épousera Marie Barré, soeur de sa deuxième femme, et une de ses filles, Josette, épousera Pierre Barré, frère de Marie. Deux enfants du premier lit deviennent donc beau-frère et belle-soeur de leur père. Charles épousera Dorothé Viens et Abraham, le plus jeune, Césarie Ménard.

Ils seront tous des cultivateurs à l'exception de Jean-Baptiste qui exercera le métier de forgeron.

Un autre trait commun, tous sont morts à l'exception de François à un âge relativement jeune: Joseph 39 ans, (du choléra) Jean-Baptiste 57 ans, Charles 50 ans, Pierre 55 ans, et Abraham 57 ans. François, seul, dépassera les 70 ans; il meurt à l'âge de 73 ans.

Avec Louise Barré, Louis n'aura qu'un seul enfant, un fils baptisé Moïse en 1820 (troisième génération).

Il restait encore quatre garçons du premier lit à la maison quand Louise Barré y est entrée. L'aîné Joseph était déjà parti et Jean-Baptiste s'est marié deux mois avant le deuxième mariage de son père. Il restait donc Charles âgé de 22 ans, Pierre âgé de 24 ans, François âgé de 21 ans et Abraham âgé de 14 ans.

Pierre et Charles, cependant, n'y resteront pas longtemps. Pierre se marie en 1820 et Charles en 1822. Les 2 derniers, François et Abraham demeureront 14 ans à la maison avec leur belle-mère, puisqu'ils se marieront tous les deux le même jour, soit le 22 janvier 1833 à St- Mathias.

Moïse, qui est le grand-père de mon père, a donc bien connu ses demi-frères. D'ailleurs tous ont vécu à St-Mathias un certain temps.  Trois sont inhumés à St-Mathias, Joseph, Jean-Baptiste et Abraham; François est inhumé à St-Césaire. J'ignore où Charles et Pierre ont été inhumés.

J'ai dit que tous ont vécu à St-Mathias un certain temps parce que Jean-Baptiste a vécu aussi à St-Grégoire, et Pierre ainsi que François à St-Césaire.

Non seulement Moïse entretenait-il de bonnes relations avec ses demi-frères, mais il est choisi à quelques reprises comme parrain. Moïse étant le dernier et le plus jeune, il invitera les enfants de ses demi-frères à être parrain des siens.

Abraham du premier lit et Moïse du deuxième lit, seront les seuls à avoir beaucoup d'enfants. Joseph, Jean-Baptiste et Charles n'auront qu'un fils chacun, Pierre trois et François six. Moïse aura cinq garçons et sept filles et Abraham huit garçons et cinq filles.

Louis a été inhumé dans le cimetière de St-Mathias, le 6 mai 1852 à l'âge de 85 ans.


TROISIÈME GÉNÉRATION

JOSEPH, petit-fils, deuxième lit -fils, premier lit de LOUIS

1793-1832

Joseph, l'aîné des fils de Louis du premier lit, baptisé le 7 mars 1793, se marie à l'âge de 25 ans à Marieville, le 12 janvier 1818, trois mois avant le décès de sa mère Marguerite Daigneau, avec Judith Davignon, fille de Joseph Davignon et Marie Viens. Son frère, François, épousera la soeur de Judith, Flavie, 15 ans plus tard, en 1833.

Il vivra à St-Mathias où il sera inhumé le 23 août 1832, mort du choléra. Il avait 40 ans. J'ai noté trois enfants de cette union, un garçon et deux filles (quatrième génération):

Joseph marié à Judith Savary à St-Mathias, le 12 novembre 1839 et en deuxième noces à Adélaïde Houle à St-Athanase, le 22 novembre 1848. Inhumé à St-Athanase le 22 mai 1895, il n'a eu que des filles, au moins trois: Judith, Adèle et Cordélie, toutes trois mariées à St- Athanase.

Élizabeth mariée à François Bousquet à St-Césaire, le 18 janvier 1841. François se marie en deuxième noces à Marie St-Georges à St- Césaire, le 3 octobre 1865.

Un fils d'Élizabeth, Treffé Bousquet, épousera Marie Barrière [Inhumée à St-Césaire, le 14 avril 1884 à l'âge de 31 ans.], sa cousine, fille d'Abraham et de Césarie Ménard, à St-Césaire, le 20 février 1871. Un autre fils, Candide, épouse Marie-Louise Chamberland à St-Césaire, le 17 février 1890.

Onésine, mariée à Pierre Paul Archambault à St-Césaire, le 19 février 1844 et inhumée à St-Césaire à l'âge de 19 ans, le 7 avril 1847. Pierre Paul Archambault épouse en deuxième noces à St-Césaire, le 7 mars 1848, Marie Ménard.

Judith Davignon devenue veuve assez jeune s'est-elle remariée? Quoiqu'il en soit, elle est allé vivre à St-Césaire parce que ses deux filles, comme on vient de le voir se marient à l'église paroissiale de St-Césaire. C'est la coutume, à l'époque, que le mariage ait lieu dans la paroisse de la jeune fille.


TROISIÈME GÉNÉRATION

JEAN-BAPTISTE, petit-fils, deuxième lit -fils, premier lit de LOUIS

1794-1851

Fils de Louis Barrière et de Marguerite Daigneau, et forgeron de métier, Jean-Baptiste vécut à St-Mathias puis alla finir ses jours à St- Grégoire. Pourtant, il sera inhumé à St-Mathias à l'âge de 57 ans. Il épouse Geneviève Davignon, le 2 août 1819, fille de Charles Davignon et Geneviève Bertrand, en présence de François et de Pierre.. ses frères.

Un seul fils survivra nommé Solyme, (quatrième génération) marié à Ester Messier, le 14 février 1858. Il vivra au rang Versailles, près de St-Grégoire et sera inhumé à Bedford près de Pike River en 1907.

J'ai noté douze enfants issus de Solyme et Ester Messier, tous baptisés à St-Grégoire dont Rock, plutôt connu sous le nom de Langevin, notaire à Bedford; Jean-Baptiste, de Marieville, marié à Délia Deslauriers; Amédée, qui vécut à New Bedford aux États-Unis et n'a pas eu d'enfant; Émile, Joseph, Louis Pantéléon, forgeron, marié à Farnham à Rose-Anne Hébert; Charles-Henri, Louis Médéric et les filles Louise, Rose-de-Lima, Georgiana et Léontine. (Cinquième géné- ration) J'ai rencontré à Sherbrooke au cours de mes recherches, Achille Barrière (sixième génération) né à Farnham, le 3 juillet 1892, fils de Louis Pantéléon et Rosana Hébert qui épousa Clara Berger, le 6 juillet 1914.


TROISIÈME GÉNÉRATION

CHARLES, petit-fils, deuxième lit -fils, premier lit de LOUIS

1797-1847

Charles, fils de Louis et de Marguerite Daigneau, épouse à l'âge de 25 ans à Marieville, le 18 février 1822, Dorothée Viens, fille de Pierre Viens et de Marie-Louise Desroches, et en deuxième noces Sophie Lareau, veuve de Pierre Goguet encore à Marieville, le 30 juillet 1833. Il aurait vécu à Marieville et à St-Grégoire.

Cinq enfants sont issus de son mariage ( quatrième génération): un garçon et quatre filles.

·        Joseph, cultivateur, marié à Flavie Gamache à St-Grégoire, le 26 septembre 1848 avec qui il est parent au quatrième degré, ayant eu une dispense de Mgr Bourget. II fut inhumé à Stoke à l'âge de 80 ans, le 21 mars 1907 .Domitilde, épouse Michel N azaire Gendron, cultivateur à St-Grégoire, le 10 octobre 1848. Son grand-père, Louis, lui sert de père à son mariage. Zoé, épouse Joseph Brouillette à Marieville, le 20 avril 1847. Onésine, épouse Cléophas Tétreault à Marieville, le 16 novembre 1847. Julie, épouse André Dumas à Longueuil, le 18 novembre 1849.

·        Charles se trouve à l'origine des Barrière de la région de Sherbrooke et des environs.

·        Joseph. son seul fils aura trois garçons (cinquième génération), Charles, Joseph et Janvier. Charles, épousera Aléda Duplin à St- Philémon-de-Stqke, le 18 avril 1887 et en eut trois garçons; Émile, Albert et Donat. (Sixième génération) Émile, épousera Agnès Dubreuil, le 29 décembre 1924. Albert, épouse Marie-Anne Perreault, le 28 juin 1922. Donat, épouse Marie-Ange Filiault, le 8 avril 1918.

·        Joseph, épousera Caroline Rémillard, décédé à Moose Up aux États-Unis à l'âge de 74 ans dans les bras de mon oncle Théodore qui avait épousé sa fille Émilina.

·        Janvier, épousera Élise Bolduc à St-Philémon-de-Stoke, le 27 juin 1887.


TROISIÈME GÉNÉRA TION

PIERRE, petit-fils, deuxième lit -fils, premier lit de LOUIS

1795-1850

Pierre, fils de Louis et de Marguerite Daigneau, a été baptisé Pierre-Abraham, le 8 décembre 1795 à St-Mathias. Cultivateur, beau- frère de son père, puisqu'il épouse Marie Barré [Inhumée à St-Césaire. le 13 mai 1879 à l'âge de 71 ans. ], la soeur de la deuxième femme de son père, le 14 février 1820 à St-Mathias, en présence de Joseph, Jean-Baptiste et Charles, ses frères. Il a 25 ans. Il quittera St- Mathias pour aller vivre à St-Césaire et j'ai découvert huit enfants ( quatrième génération), issus de son mariage; trois garçons et cinq filles.

·        Lucie, épouse Bernard Brouillette à St-Césaire, le 15 octobre 1844.

·        Une fille, Lucie Brouillette épouse Marcel Choinière à St-Césaire le 23 janvier 1867.

·        Louise Langevin, épouse Joseph Peltier à St-Césaire, le 22 janvier 1850. Joseph Peltier est de Belreil et épousera en deuxième noces Elmire Ménard, le Il juin 1900.

·        Mathilde, épouse Basile Nadeau, veuf de Céleste Gingras à St- Césaire, le 22 octobre 1850.

·        Marie épouse en première noces: Charles Lemieux, le 15 janvier 1872; en deuxième noces: Pierre Desaultels, le 1 er mai 1877; et, en troisième noces: Jules Thouin, le 18 octobre 1880, tous trois veufs d'un premier mariage.

·        Esther, épouse Gédéon Chauvin, le 9 janvier 1871 à St-Césaire et est inhumé à St-Césaire, le 13 mars 1900.

·        François né en 1832.

·        Joseph, journalier, épouse Philomène-Philonise Ouellet à St- Césaire, le 26 mai 1856.

·        Misael, épouse Marie Boiteau et en deuxième noces Cécile Tétreault.

Des enfants de Misael apparaissent dans le répertoire de mariages de l'Ange Gardien et St-Césaire: (cinquième génération): Joseph, marié à Lucie Tétreau en 1896 et Pierre, journalier, marié à Alexina Forand le 6 avril 1902.


TROISIÈME GÉNÉRATION

FRANÇOIS, petit-fils, deuxième lit -fils, premier lit de LOUIS

1798-1871

·        François, fils de Louis et de Marguerite Daigneau, c'est lui qui a vécu le plus longtemps. Il se marie à l'âge de 35 ans avec Flavie Davignon, la soeur de sa belle-soeur, Judith, à St-Mathias le 22 janvier 1833. Il quitte, lui aussi, St-Mathias pour s'installer à St-Césaire, où il sera inhumé le 2 octobre 1871. Huit enfants sont issus de son mariage, (quatrième génération) tous baptisés à St-Césaire.

·        François, épouse Philomène Beausoleil à St-Pie le 8 octobre 1860.

·        Louis-Paul, épouse Élise Bessette à Marieville, le II février 1868.

·        Joseph est baptisé à St-Césaire le 18 octobre 1848.

·        Wilfrid-Stanislas est baptisé à St-Césaire le 30 mai 1856.

·        Bernard, épouse Henriette Authier à St-Césaire en 1870, le 15 février et en deuxième noces, Sophronie Gabourie à Rougemont, le Il juillet 1898.

·        Césaire, bourgeois, épouse Mathilde Mont y à St-Césaire, le 15 octobre 1878.

·        Priscille, épousé Pierre Jubinville à St-Césaire, le 26 mai 1868.

·        Eulalie, épouse Michel Massé à St-Césaire en 1869 et en deuxième noces, Pierre Viens à St-Césaire en 1902. Elle est inhumée àSt-Césaire, le 17 août 1903, à l'âge de 62 ans.

J'ai rencontré des descendants de Césaire au cours de mes démarches: une fille, Ars élie (cinquième génération) épouse James Gilmour à St-Césaire, le 16 février 1904. Elle a eu deux filles dont Rose- Aline (sixième génération) que j'ai rencontrée. Celle-ci a épousé J.F.

Lafrance à St-Césaire le 15 septembre 1934.

Les deux filles de Rose-Aline (septième génération) Thérèse qui épouse en 1954 Adrien Brodeur à St-Césaire et Solange qui épouse J.P. Viens à St-Césaire le 20 juin 1965, sont encore à St-Césaire.


TROISIÈME GÉNÉRATION

ABRAHAM, petit-fils, deuxième lit -fils, premier lit de LOUIS

1805-1862

Abraham, fils de Louis et de Marguerite Daigneau, baptisé à St- Mathias, épouse le 22 janvier 1833 à l'âge de 28 ans, Césarie Ménard aussi à St-Mathias, fille de Maurice Ménard et Josephte Meunier, cultivateur. Il vivra toute sa vie à St-Mathias où il sera inhumé, le 1er mars 1862.

Treize enfants sont issus de son mariage (quatrième génération), huit garçons et cinq filles.

·        Abraham, l'aîné, baptisé le 25 décembre 1833, son grand-père Louis fut son parrain; marié à Adéline Rainville à St-Mathias en 1861, il vécut à St-Césaire et alla finir ses jours aux États-Unis à Leominster, Mass.

·        Louis, marié à Oenise Brais à St-Mathias en 1865, le 10 octobre. Il vécut et fut inhumé à St-Césaire.

·        Jean-Baptiste, plutôt connu sous le nom de Langevin, marié à Marie Meunier à St-Mathias en 1865, alla finir ses jours aux États-Unis, à Lawrence, Mass.

·        Joseph, marié à Marie-Anne Homère à St-Césaire en 1882, a été inhumé à St-Césaire.

·        Solyme, agent d'assurance, épouse Martha Kirkland à Farnham.

·        Frédérick, célibataire, a été inhumé aux États-Unis, à Roseburg, Oregon, en 1934.

·        Adolphe, marié à Césary Rocheleau, à St-Grégoire en 1864, vécut aux États-Unis à Fall River, et mourut le 25 décembre 1899.

·        François Xavier, décédé à l'âge de 24 ans en 1868, a eu comme marraine, Céleste Loiselle, épouse du demi-frère de son père, Moïse Barrière.

·        Césarie, épouse Hippolite Lacroix en 1857 à St-Mathias et en deuxième noces, Louis Benoît à St-Césaire en 1904.

·        Rose-de-Lima, épouse Cléophas Oeslauriers.

·        Marie, épouse Trefflé Bousquet, son cousin, petit-fils de son oncle Joseph.

·        Libère est décédée à l'âge de 33 ans et est inhumée à Richelieu.

·        Emma.


TROISIÈME GÉNÉRATION

MOÏSE, petit-fils, deuxième lit -fils, deuxième lit de LOUIS

1820-1900

Fils de Louis et Louise Barré, Moïse fut baptisé à St-Mathias le 8 septembre 1820. Il épousait Céleste Loiselle, fille mineure (âgée de 15 ans) d'Antoine Loiselle «dit Senot» et d'Euphrosine Macé «dit San- cère», à Marieville, le 22 août 1843.

Moïse Barrière, qui n'a pas connu l'ancêtre René, son grand-père, et Céleste Loiselle, sa femme, eurent douze enfants: Charles, Félix, Théodore, Napoléon surnommé Paul et Hormisdas; Céleste, Rose-de- Lima, Rosalie, Mélina, Célina, Azilda et Malvina. Mais j'en ai compté 7 autres, malheureusement tous morts quelque temps après la naissance.

Mon père fils de Théodore me les fit connaître tous, car il aimait bien nous parler de ses oncles et tantes du côté paternel. Il me semble les avoir tous connus tellement il nous en parlait. Ma mère aussi, nous laissait sentir une certaine admiration pour la famille de son mari. Elle nous parlait d'eux comme s'ils eussent été ses oncles et tantes propres. Mais, pourtant, je ne me rappelle que d'un seul, l'oncle Charles, beau, grand, bien planté et à la tête chauve. Il avait sûrement ses 80 ans lorsqu'il visita un jour mon père, à Verdun; je n'avais alors qu'une dizaine d'années.

De la famille de sa mère, mon père nous parlait très peu. J'ai compris plus tard pourquoi. Ma grand-mère Aurélie était fille unique. C'est de la tante Agathe, célibataire, dont papa nous entretenait le plus souvent, la soeur de sa grand-mère, Françoise Trudeau. Paraît-il que l'oncle Théodore, le frère de mon père, ne lui aurait pas ménagé ses bons et mauvais tours !

Céleste Loiselle, mariée très jeune, à l'âge de 15 ans, s'éteignit trop tôt, à 45 ans en 1873, à la suite de son dernier accouchement, privant ainsi mon père du bonheur de la connaître.

Et il en fut ainsi de toute la famille Loiselle; on n'en a jamais entendu mot, si ce n'est que dernièrement, à l'occasion d'une rencontre de parents au couvent fréquenté par mes filles à St-Lambert, le pensionnat de St-Lambert. Soeur Jeanne Loiselle, directrice de l'insti- tut ion à qui je parlais de mon arrière grand-mère du même nom, me fit la surprise d'apprendre nos origines communes. Je retrouvai donc, enfin, des parents du côté des Loiselle.

Lorsque Céleste mourut, Théodore, mon grand-père, avait 15 ans et ses frères Napoléon et Hormisdas avaient respectivement 8 et 7 ans. Donc, il reste encore de jeunes bouches à nourrir à la maison. C'est alors que Moïse, un an après la mort de Céleste, se marie en seconde noces avec Sophie Patenaude, à St-Mathias, comme le voulait la tradition familiale de l'époque. Il vécut 8 ans avec elle, sans toutefois avoir d'enfant.

Devenu veuf une seconde fois, Moïse entreprit un troisième mariage avec Adeline Duchesneau, le 7 septembre 1881, à Richelieu.

Cultivateur toute sa vie, Moïse garda ses vieux parents jusqu'à leur mort. À 25 ans, il se voyait héritier de la terre ancestrale alors que ses parents «se donnaient» à lui comme René et Agathe l'avaient fait 50 ans plus tôt. C'était, dit-on, la coutume de l'époque.

Peu de temps après l'héritage, Moïse se départit de la terre pour aller s'installer au rang de la Savane, à Richelieu, sur la terre provenant des Loiselle.

Il est à croire qu'une grande partie des biens de l'ancêtre René soient passés aux mains de Moïse, les meubles, effets personnels, outils d'agriculture et que sais-je encore. D'ailleurs, son fils Félix avait conservé des outils de cordonnier qui, au dire du cousin Émile, son fils, auraient appartenu à l'ancêtre René.

Enfin, Moïse mourut en septembre 1900, à Richelieu, au village, près de l'église et fut inhumé dans le sous-sol de l'église.


 

 

suite: Les enfants de Moïse