René Barrière et ses descendants québécois

(Un dossier sur la famille Barrière )
Par ROLAND BARRIÈRE

 

précédent | accueil| suivant

 

L'alliance des familles Larocque, Barré, Barrière, Monty et Benoît

L'alliance de familles était une caractéristique de l'époque du début de la colonie, jusqu'au début du XXe siècle. La population était presque entièrement rurale, les communications entre villages étaient souvent difficiles, chaque paroisse était restreinte; il faut se rappeler que l'on était au temps où le moyen de déplacement était le cheval. Tous les paroissiens se connaissaient. On avait l'habitude des corvées, sorte d'entraide collective, et c'était l'occasion des rencontres qui souvent aboutissaient à des idylles permanentes.

On considérait comme une obligation la corvée lorsqu'un citoyen était aux prises avec de graves difficultés, ou à l'occasion d'un sinistre, telle l'incendie: on fournissait non seulement son temps mais également des matériaux pour rebâtir une grange, par exemple.

Les familles étant nombreuses « les mélanges » l'étaient aussi. Voici des exemples concrets de ce que je veux dire.

Charlotte Barrière, une des filles de l'ancêtre René, issue du deuxième mariage avec Agathe Laporte, épouse Joseph Larocque en l766. A partir de ce moment, les cinq familles: Larocque, Barré, Barrière, Monty et Benoît s'entrelacent. Deux des belles-soeurs de Charlotte Barrière, Agathe et Louise Larocque épousent les deux frères Barré, Jean et François, Jean Barré se trouvant être le grand-père paternel de Louise Barré, la deuxième femme de Louis Barrière. (fils de René.) Trois des enfants de Jean Barré et Agathe Larocque épousent à leur tour des enfants Monty: Louis avec Louise Monty; Jean-Baptiste avec Élizabeth Monty; Élizabeth avec Louis Monty.

Or, une des filles de Louise Larocque et François Barré, Louise Barré, épouse Joseph Barrière, fils de René Barrière et frère de Charlotte et de Louis.

Trois des enfants de Louis Barré et Louise Monty épousent à leur tour des Barrière: Louise Barré avec Louis Barrière, en deuxième noces; Pierre Barré avec Marguerite Barrière, fille du premier lit de Louis; Marie Barré avec Pierre Barrière, fille du premier lit de Louis.

Remarquez comment ces alliances peuvent compliquer la généalogie d'une famille. Ici on voit que le père (Louis) et deux de ses enfants, Marguerite et Pierre, deviennent beau-frère et belle-soeur.

Par surcroît, une des filles de Louis Barré et Louise Monty, Charlotte Barré, épouse Antoine Benoît frère de Joseph Benoît, qui lui avait épousé Louise Barrière, la fille de Joseph Barrière et Louise Barré.

Les deux cousines épousent les deux frères; encore un mélange de beau- frère et belle-soeur.

On voit jusqu'où on pourrait aller, si l'on faisait l'analyse des alliances de l'époque, quand on sait que nombreuses étaient les familles d'une vingtaine d'enfants. René Barrière, l'ancêtre, s'est permis de concevoir avec ses deux épouses vingt et un héritiers.

L'Église à cette époque exigeait une dispense dans le cas des mariages consanguins. Les règles de droit canonique en matière de mariage était incorporées au code civil français (y compris la coutume de Paris). Ces mariages créaient des problèmes surtout dû au fait que l'on en venait à ignorer le degré de parenté qui existait entre les futurs époux. À titre d'exemple, mon oncle Théodore, né au Canada, a convolé en justes noces aux États-Unis avec Émilina Barrière, tous deux ignorants que leurs grands-pères respectifs étaient demi-frères. C'est, je crois, la raison fondamentale qui a incité l'abbé Tanguay à publier son dictionnaire des familles. Il se trouvait ainsi à rendre service à l'Église, à l'État et à ses concitoyens.

 

suite